Revue de presse

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«Pour un Grenelle du numérique» 18/07/2013

Arno Pons, directeur général de l’agence digitale 5ème Gauche et enseignant à SciencesPo, et Xavier Corval, fondateur d’Eqosphère et membre du Mouvement des entrepreneurs sociaux, appellent à un plan national de valorisation de l’économie numérique. Interview.

Que nous manque-t-il pour qu’émergent en France les Google et Facebook de demain ?

Arno Pons et Xavier Corval. Aux Etats-Unis, à la fin des années 1990, le vice-président Al Gore, avec son concept d’autoroutes de l’information, a pris le parti d’investir dans le numérique tout en laissant les entrepreneurs s’approprier et développer ce potentiel, convaincu que cette nouvelle économie deviendrait un levier de croissance et de puissance pour le pays. La France a raté ce virage initial, mais il n’est pas trop tard pour libérer les énergies. A l’heure où les contraintes budgétaires menacent l’innovation, où la morosité pèse sur les initiatives économiques, «l’énergie» numérique est une véritable opportunité de rebond. Innover et exploiter la transversalité sont indispensables pour faire face aux défis du moment et, au-delà, aller vers un modèle de croissance raisonnée et durable intégrant d’autres indicateurs que le seul produit intérieur brut (PIB). C’est dans cet esprit que nous proposons l’organisation d’un Grenelle du numérique qui est une invitation à la conduite collective du changement. Il faut une prise de conscience et une volonté politique favorisant l’innovation dans un cadre économique repensé

Pourquoi cette appellation «Grenelle du numérique», après un «Grenelle de l’environnement» connoté politiquement et sujet à controverse ?

A.P et X.C. Le Grenelle de l’environnement, lancé sous la présidence de Nicolas Sarkozy, a eu le mérite de mettre le sujet du développement durable au cœur des débats et d’embarquer les différents intervenants dans une démarche constructive et collaborative. Nous avons les mêmes objectifs: favoriser une prise de conscience collective de l’enjeu numérique et coproduire des solutions qui engagent les acteurs privés et publics. C’est un changement de paradigme de la politique publique. Le but n’est pas de légiférer mais d’imaginer le nouveau modèle de relation entre les collectivités publiques et les forces vives du numérique. Nous devons inventer un type d’organisation à mi-chemin entre les commissions et les «hackathons». Les politiques doivent comprendre qu’Internet implique une logique «bottom-up» [de bas en haut] qui modifie la relation public-privé.

C’est pourtant bien aux pouvoirs publics que vous en appelez pour orchestrer ce mouvement…

A.P et X.C.. Il faut évidemment une impulsion nationale et c’est à l’Etat stratège de décider des politiques publiques. Mais, alors que la crise empêche d’investir massivement dans l’innovation, notre pays doit imaginer et expérimenter un modèle qui soit «open innovation», reposant sur la conviction que, désormais, l’innovation créatrice de richesses économiques et sociétales peut émerger de partout. Il s’agit de créer le partenariat gagnant entre l’Etat, les collectivités locales et les acteurs du secteur afin de maximiser le potentiel d’innovation.
C’est ce débat-là qui doit être mené. En France, nous avons un ministère de l’Economie numérique, un Conseil national du numérique, des associations comme Cap digital, un vivier d’entreprises, des incubateurs de start-up, etc. Réunir tous ces acteurs dans un Grenelle des synergies numériques montrerait la voie – par la concertation – d’une croissance collaborative et sortir du fonctionnement en silos.

Vous voulez également faire oublier le mouvement des Pigeons ?

A.P et X.C.. La seule fois que les acteurs de l’économie numérique ont été identifiés par le grand public et considérés par le gouvernement, ce fut pour la défense de leurs propres intérêts via les «Pigeons»… Oui, cette impulsion pour un Grenelle du numérique vise aussi à offrir une autre image des acteurs du numérique.

Quelles sont les prochaines étapes de votre initiative ?

A.P et X.C. Nous lançons un manifeste sur le site Grenelle-numerique.fr qui a déjà reçu le soutien de Dominique Roux, directeur de la chaire d’économie numérique de l’université de Paris-Dauphine, Stéphane Distinguin, président de Faber Novel et de Cap digital, Edouard de Pouzilhac, président de l’AACC interactive, Pierre Robinet, directeur de l’intégration digitale chez Publicis, Eric Legale, directeur général d’Issy Media… Entendre, le 14 juillet, le président de la République dire «Nous allons tout mettre sur le numérique» nous encourage dans notre démarche. A cette ambition nous proposons une méthode!

Entretien : Cathy Leitus
Information traitée dans Stratégies Magazine n°1732, publié le 17 juillet 2013
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Vite, un Grenelle du numérique! 19/06/2013

Article publié dans LA TRIBUNE le 19 juillet 2013

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20130618trib000770993/vite-un-grenelle-du-numerique-.html

La France aurait raté le tournant du numérique, expliquent certains analystes. Pour rattraper ce retard, deux acteurs de cette économie en plein essor, Xavier Corval et Arno Pons, proposent d’appliquer au secteur la méthode qui avait réussi pour l’environnement : organiser un Grenelle du numérique qui favoriserait la prise de conscience du grand public et des décideurs politiques.

l y a quelques années, le « Grenelle de l’environnement » a permis de généraliser la prise de conscience et l’intégration des enjeux de développement durable dans la société française et dans les instances de décision publiques et privées. Nous proposons que se crée la même dynamique pour le numérique, pilier de croissance et de solutions.

Une énergie qui peut répondre aux besoins du pays
Le numérique produit une énergie au potentiel quasi-illimité: il est facilitateur d’échanges, libérateur de talents, fournisseur d’idées. C’est la nouvelle source d’énergie du XXIème siècle. Ce tournant numérique est une évolution technologique majeure et, surtout, une révolution provoquant la transversalité des modèles de pensées et d’actions sociétaux, culturels, commerciaux et politiques.

A l’heure où les contraintes budgétaires menacent l’innovation, où la morosité pèse sur les initiatives économiques, « l’énergie » numérique est une véritable opportunité de rebond pour la collectivité nationale. Cette énergie peut alimenter toutes les forces entreprenantes, publiques comme privées ; elle devrait être considérée systématiquement, méthodologiquement, comme ferment de solutions pour répondre aux besoins des acteurs et du pays. Elle a déjà montré sa capacité à générer de l’emploi et des réponses nouvelles, mais insuffisamment aux regards des enjeux actuels et de son propre potentiel.

Le digital est une aubaine à saisir maintenant
Innover et exploiter la transversalité sont indispensables pour faire face aux défis du moment et, au- delà, aller vers un modèle de croissance raisonnée et durable intégrant d’autres indicateurs que le seul PIB. Le numérique porte un potentiel pour créer des solutions et des richesses, grâce notamment à sa capacité à relier les acteurs. L’Etat (stratège) a un devoir de maximiser ce potentiel, en orientant l’innovation vers les politiques publiques qu’il détermine sans pouvoir les prendre financièrement en charge.

Le contexte impose à l’Etat de restreindre ses dépenses et de stimuler la croissance. Le digital est une aubaine à saisir, vraiment, maintenant : il porte des promesses collectives qui, en outre, sont relativement peu coûteuses parce que principalement fondées sur de la « matière grise », des capacités et des formations parmi les meilleures au monde. Actualisons et concrétisons le slogan des années 70 : « en France on n’a pas de pétrole mais on a le digital ! » Que nous manque-t-il pour qu’émergent dans notre pays les Google et Facebook de demain, images d’une primauté des Etats-Unis persistante grâce à l’innovation numérique en dépit de leur affaiblissement financier ? C’est à ce débat que nous invitons…

Dans une réflexion sur son rôle, l’Etat français ne peut plus appliquer uniquement les modèles préexistants pour décupler la créativité, faciliter l’interconnexion des différents acteurs et être utile autrement. Il dispose d’une chance unique et historique d’associer à ses objectifs toutes les administrations, les entreprises et notamment les start-ups et tous ceux qui, entrepreneurs, fonctionnaires et salariés, sont prêts à mettre en oeuvre leurs capacités d’innovations dans un système entièrement repensé pour être gagnant.

Maximiser le potentiel d’innovation au service des politiques publiques
Au moment où la crise empêche d’investir massivement dans l’innovation, l’État a l’occasion d’externaliser l’absolue nécessité d’innover en assumant sa délégation aux initiatives locales et privées. A l’instar d’un Apple qui a su construire pour l’Iphone un business model non pas sur la téléphonie mais sur l’ouverture aux applications, notre pays doit imaginer et expérimenter un modèle politique-économique qui soit « open innovation », reposant sur la conviction que, désormais, l’innovation créatrice de richesses économiques et sociétales peut émerger de partout.

Chaque entité publique (ministère, collectivité, administration…) pourrait s’inviter à réévaluer et à enrichir son rôle au prisme du digital, en se considérant comme une plateforme ouverte aux initiatives qui permettent l’accomplissement de ses missions. Au final, le bénéficiaire principal restera le citoyen qui aura accès à de nouveaux services et n’aura pas à financer, en tant que contribuable, l’effort d’investissement.

Vecteur de cohésion sociale et d’émancipation personnelle
L’Etat stratège déciderait quant à lui des orientations à prendre et orchestrerait les moyens pour y parvenir. Ce dont il s’agit, c’est de créer le partenariat gagnant entre l’Etat, les collectivités locales, et  les acteurs afin de maximiser le potentiel d’innovation.

Une telle organisation dont la fluidité et l’efficacité sont intrinsèquement liées serait une vraie révolution et l’occasion pour la France de montrer que l’ « économie numérique » est autant une indispensable voie de sortie de crise qu’un vecteur de cohésion sociale et d’émancipation personnelle. La France n’avait pas inventé la démocratie…mais c’est elle qui l’avait rendue universelle avec la Révolution française.

Créer des synergies numériques
Nous tendons donc la main à tous ceux qui veulent accompagner ce mouvement, partager et approfondir nos propositions et devenir les co-acteurs d’un changement et d’une ère de nouveaux modèles de développement. Nous proposons de porter ensemble, acteurs publics et privés, un Grenelle de l’ « énergie numérique » en regroupant les idées, talents, initiatives du monde digital, pour définir avec l’Etat, les collectivités locales et pourquoi pas européennes quels sont les axes et étapes prioritaires de ce développement.

Les tournants décisifs en France passent par la reconnaissance politique et symbolique : @llons-y ! Et comme le digital est par définition facteur de collaboration, les résultats de ce nouvel élan seront ceux de toutes les parties prenantes. En sortant de l’illogique du fonctionnement en silos, ce Grenelle des synergies numériques marquera le début d’une nouvelle approche des relations publiques-privées. Cette grande concertation serait alors la première étape d’un nouveau type de croissance: la croissance collaborative.

 

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Changeons d’approche politique face à l’uberisation de l’économie

Article publié dans LA TRIBUNE le 28 juillet 2015

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/changeons-d-approche-politique-face-a-l-uberisation-de-l-economie-494971.html

Comme l’illustre l’exemple d’Uber et des taxis, le numérique est en train de métamorphoser l’économie mais dresse également les anciens contre les nouveaux acteurs. Pour l’éviter, il faut que l’Etat s’implique mais il doit le faire en repensant son propre rôle, en devenant plus imaginatif. Par Arno Pons, directeur général de l’agence digitale 5ème Gauche, enseignant à SciencesPo.

Le débat qui est né lors de la confrontation « Taxi V/S Uber » est tout à fait symptomatique du dilemme auquel notre classe politique est confrontée.

Avec la numérisation de l’économie les politiques sont aujourd’hui face à un choix difficile. Soit ils acceptent « l’uberisation de l’économie » en profitant de cette opportunité pour moderniser notre pays, soit ils s’enferment dans une « taxisation sociale » en privilégiant les acquis d’une minorité au détriment du progrès pour tous.

Irréductibles Gaulois

Si le village d’irréductibles Gaulois que nous sommes décide de défendre le système des taxis actuel, laissant ainsi la Silicon Valley faire des bénéfices sur notre dos, alors nous passerons à côté de la croissance de demain.

Tel Tiberius empereur romain qui avait refusé l’invention de l’aluminium de peur d’une grève des forgerons, le gouvernement a fait un choix qui pourrait bien marquer le début d’un déclin programmé.

Tout l’enjeu de ces prochaines années est donc de trouver une troisième voie, propre à la France, qui permette d’éviter de choisir l’équité contre la modernité.
Car au delà du cas des taxis,  c’est bien toute l’économie des services qui est face à cette révolution schumpeterienne aux conséquences sociétales incalculables. D’autant plus que dans une économie servicielle comme la France, l’uberisation est finalement bien plus dangereuse que la robotisation des métiers productifs.

Rebondir grâce à l’implication de l’Etat

Pourtant il n’y a pas de fatalité. La France possède une étonnante capacité à rebondir comme elle l’a prouvée à de nombreuses reprises dans l’histoire en relevant par exemple les défis du transport ferroviaire ou de l’électricité.

Mais elle l’a toujours fait grâce à l’implication de l’Etat.

Or, la révolution numérique par essence latérale (de pair à pair) semble antinomique avec l’organisation très verticale de nos institutions.

Alors comment faire ? Quel rôle peut endosser l’Etat pour embrasser cette nouvelle révolution ?

Pour commencer le numérique ne doit pas être vu comme un problème à résoudre mais au contraire comme une clé de réponse aux enjeux d’avenir.  Ce changement de paradigme implique cependant que l’on emprunte des chemins de réflexion nouveaux.

Créer des synergies

Reprenons le cas concret d’Uber et tentons d’appliquer une approche politique originale au problème soulevé. Le gouvernement ne peut plus se contenter d’arbitrer entre les forces en présence mais doit se montrer imaginatif en créant des synergies entre elles.

Les crises, comme celle des taxis, sont paradoxalement de vraies opportunités pour repenser le rôle de l’Etat dans l’hypermondialisation des services. Il est un atout dans la création de champions nationaux capables de concurrencer les start-ups internationales s’il profite de chacune de ces occasions pour créer une dynamique positive entre les différentes parties.

Allier le meilleur des deux mondes

Une telle approche aurait évité que les taxis se ridiculisent à cause d’actions désespérées de quelques-uns et que les VTC se soient laissés stigmatiser par l’amalgame fait entre Uber et Uberpop.
Plutôt que de laisser les médias les monter les uns contre les autres, le gouvernement avait pourtant eu tout intérêt à ce qu’un service français alternatif à Uber émerge en alliant le meilleur des deux mondes: l’intelligence numérique d’un VTC français et l’incroyable avantage logistique des taxis sur l’Hexagone.

Dans un tel cas, pourquoi ne pas avoir proposé par exemple qu’un VTC « made in France » (drive, chauffeurs privés…) propose ni plus ni moins que d’offrir sa plateforme numérique aux taxis français indépendants?
Les taxis sont des entrepreneurs, l’innovation ne devrait pas leur faire peur, bien au contraire c’est l’occasion pour cette profession de renouer avec l’esprit de conquête.
En mettant à disposition la brique servicielle digitale faisant défaut aux membres de la fédération nationale des taxis indépendants (FNTI), le VTC français apporterait une solution concrète au problème concurrentiel auquel est confronté la plupart des ces chauffeurs, et il deviendrait de facto l’application numero 1 devant Uber!

Les utilisateurs du service créent sa valeur

Et dans le cas où l’opération n’aboutirait pas, les VTC nationaux auraient réussi a minima à faire le buzz positif autour de leurs marques en évitant ainsi que le marché soit totalement trusté par le rouleau compresseur médiatique Uber…

Bien entendu si les taxis adhéraient à cette proposition, il faudrait qu’ils acceptent ce que cela implique, à savoir être sujet à notation sur la satisfaction des clients depuis l’application…
Car la vraie révolution des VTC, au delà de la  simplicité des interfaces, c’est bien l’adaptation au paradigme du « Crowd » qui sous-tend à la grande majorité des innovations digitales (concept selon lequel c’est la communauté des utilisateurs du service qui créent sa valeur).

Cette idée peut paraître utopique, mais face à ce que Maurice Lévy appelle très justement « l’uberisation de l’économie », il faut être audacieux et iconoclaste.

L’équation impossible à résoudre par nos gouvernants, entre la nécessité d’investir et celle de moins dépenser, trouve sa réponse dans la délégation de l’innovation aux forces vives déjà en place.
C’est en tout cas une opportunité exceptionnelle de montrer au monde que la France sait répondre aux enjeux du numérique de manière positive et constructive.
Il n’est pas trop tard… Alors, chiche?

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Et si la Data nous permettait de diminuer le gaspillage alimentaire ?

Article publié dans LA TRIBUNE le 02 septembre 2015

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/et-si-la-data-nous-permettait-du-diminuer-le-gaspillage-alimentaire-501598.html

Incorporer la date de péremption des produits alimentaires dans le code barre permettrait de mettre à profit toutes les utilisations possibles des datas. Notamment contre le gaspillage. Par Arno Pons, Directeur général de l’ agence de communication digitale 5eme Gauche, enseignant à SciencesPo.

En bonne communicante Ségolène Royal a fait conclure un accord à la volée pour compenser la censure du conseil constitutionnel de l’article relatif au gaspillage alimentaire (qui avait été incorporé dans la loi sur la transition énergétique).
On peut évidemment discuter de la forme, il n’était pas forcément utile de pointer du doigt une énième fois la grande distribution qui n’est pas la plus à la traîne sur le sujet, mais force est de reconnaitre que des décisions ont été actées par la Ministre…
Le travail remarquable de Guillaume Garot , à l’origine de toutes les initiatives politiques dans ce domaine, ne restera donc pas lettre morte.
Tout le monde peut donc se féliciter de cet accord qui stimule et encadre les dons aux associations.

Un rendez-vous manqué

Mais cet épisode est également un rendez-vous manqué supplémentaire.
L’État une fois de plus n’a pas su faire preuve d’imagination et s’est contenté d’appliquer les mêmes méthodes : accoucher d’une production juridique tout en dénonçant une catégorie d’acteurs (aujourd’hui les distributeurs, hier Uber face aux taxis).
Les ministres doivent cesser de penser que nous attendons d’eux de nouvelles lois, comme si la création de normes était une fin en soi, la valeur étalon de leur action!
Les politiques se trompent d’objectif, il faut remplacer l’inflation législative par l’imagination disruptive.

Déléguer l’innovation

L’État devrait cesser de poursuivre seul les missions d’ordre public, il devrait déléguer l’innovation et la formulation des solutions aux forces vives déjà en place.
Il ne doit pas s’appuyer uniquement sur les réseaux associatifs, mais accepter de se reposer sur les entreprises privées qui poursuivent la même mission que lui.
Sur le gaspillage alimentaire les initiatives ne manquent pas, le social business est un vrai terreau d’innovation en France.

Que ce soit Zero-gâchis, Wearephanix, ou les précurseurs Eqosphère qui travaillent auprès de la grande distribution pour réduire le gaspillage via des circuits d’économie circulaire, ou bien encore Checkfood l’application qui aide les ménages à ne plus jeter d’aliments chez eux, toutes ces start-ups ont imaginé des solutions qui sont des réponses concrètes à l’ambition du gouvernement de faire baisser le gaspillage de moitié pour 2025.

Imposer la date de péremption dans les codes barres

L’État peut capitaliser sur cet ecosystème d’entrepreneurs sociaux et leur offrir, non pas une loi, mais des moyens qui leurs permettent d’aller plus loin et plus vite.
Et ces moyens ce n’est pas de l’argent mais de la DATA.
Ségolène Royal se rendrait encore plus utile si elle prenait la décision qui changerait totalement la donne sur la lutte contre le gaspillage alimentaire : rendre obligatoire la présence de la donnée « date » (DLC ou DLUO) dans les codes barres.
En effet, en rendant actif cette donnée l’Etat permettrait à ces start-up et aux associations concernées de gérer de manière beaucoup plus efficace ces dons.
Prenons l’exemple concret de Checkfood dont le principe est d’alerter le consommateur lorsqu’un produit acheté va bientôt être périmé. Une fois reçu la notification sur son portable le consommateur a deux choix : manger ou donner (le produit est alors automatiquement géolocalisé et mis à disposition des associations).
Si les codes barres comprenaient les dates, les informations pourraient être enregistrées automatiquement, levant ainsi les freins à l’usage par le grand public. L’enjeu est énorme car si nous arrivions à transformer le gaspillage des ménages en dons, ce serait jusqu’à 264 000 tonnes de distribués, soit potentiellement 520 Millions de repas offerts à ceux qui en ont besoin !

La data, une question centrale

La question de la data est donc centrale car elle débloquerait les freins auxquels ces acteurs sont confrontés dans leur organisation.
D’autant plus qu’avec l’open data toutes les mesures issues du gaspillage pourraient être analysées par une instance indépendante qui irriguerait l’ecosystème de données précieuses et aideraient à analyser quelles sont les sources principales de gaspillage.
L’Etat pourrait alors grâce à ces data travailler avec la grande distribution sur l’autre pan de cette lutte : la surproduction.
Nous avons tous intérêts à savoir ce qui est sous-consommé (donc gaspillé) pour éviter de sur-produire.
Cette politique irait en outre dans le sens des décisions attendues pour la planète lors du COP21 que ce même gouvernement préside …