Réunir les énergies du numérique pour une croissance collaborative.

Il y a quelques années, le « Grenelle de l’environnement » a permis de généraliser la prise de conscience et l’intégration des enjeux de développement durable dans la société française et dans les instances de décision publiques et privées. Nous proposons que se crée la même dynamique pour le numérique, pilier de croissance et de solutions.

Le numérique produit une énergie au potentiel quasi-illimité : il est facilitateur d’échanges, libérateur de talents, fournisseur d’idées. C’est la nouvelle source d’énergie du XXIème siècle. Ce tournant numérique est une évolution technologique majeure et, surtout, une révolution provoquant la transversalité des modèles de pensées et d’actions sociétaux, culturels, commerciaux et politiques.

A l’heure où les contraintes budgétaires menacent l’innovation, où la morosité pèse sur les initiatives économiques, l’ « énergie » numérique est une véritable opportunité de rebond pour la collectivité nationale. Cette énergie peut alimenter toutes les forces entreprenantes, publiques comme privées ; elle devrait être considérée systématiquement, méthodologiquement, comme ferment de solutions pour répondre aux besoins des acteurs et du pays. Elle a déjà montré sa capacité à générer de l’emploi et des réponses nouvelles, mais insuffisamment aux regards des enjeux actuels et de son propre potentiel.

UNE AUBAINE A SAISIR #MAINTENANT

Innover et exploiter la transversalité sont indispensables pour faire face aux défis du moment et, au-delà, aller vers un modèle de croissance raisonnée et durable intégrant d’autres indicateurs que le seul PIB. Le numérique porte un potentiel pour créer des solutions et des richesses dû à sa capacité à relier. L’Etat (stratège) a un devoir de maximiser ce potentiel, en orientant l’innovation vers les politiques publiques qu’il détermine sans pouvoir les prendre financièrement en charge.

Le contexte impose à l’Etat de restreindre ses dépenses et de stimuler la croissance. Le digital est une aubaine à saisir, vraiment, maintenant : il porte des promesses collectives qui, en outre, sont relativement peu coûteuses parce que principalement fondées sur de la « matière grise », des capacités et des formations parmi les meilleures au monde. Actualisons et concrétisons le slogan des années 70 : « en France on n’a pas de pétrole mais on a le digital ! »

Que nous manque-t-il pour qu’émergent dans notre pays les Google et Facebook de demain, images d’une primauté des Etats-Unis persistante grâce à l’innovation numérique en dépit de leur affaiblissement financier ? C’est à ce débat que nous invitons…

Dans une réflexion sur son rôle, L’Etat français ne peut appliquer uniquement les modèles préexistants pour décupler la créativité, faciliter l’interconnexion des différents acteurs et être utile autrement. Il dispose d’une chance unique et historique d’associer à ses objectifs toutes les administrations, les entreprises et notamment les start-ups et tous ceux qui, entrepreneurs, fonctionnaires et salariés, sont prêts à mettre en oeuvre leurs capacités d’innovations dans un système entièrement repensé pour être gagnant.

MAXIMISER LE POTENTIEL D’INNOVATION AU SERVICE DES POLITIQUES PUBLIQUES#MAINTENANT

Au moment où la crise empêche d’investir massivement dans l’innovation, l’État a l’occasion d’externaliser l’absolue nécessité d’innover en assumant sa délégation aux initiatives locales et privées. A l’instar d’un Apple qui a su construire pour l’Iphone un business model non pas sur la téléphonie mais sur l’ouverture aux applications, notre pays doit imaginer et expérimenter un modèle politique-économique qui soit « open innovation », reposant sur la conviction que, désormais, l’innovation créatrice de richesses économiques et sociétales peut émerger de partout.

Chaque entité publique (ministère, collectivité, administration…) pourrait s’inviter à réévaluer et à enrichir son rôle au prisme du digital, en se considérant comme une plateforme ouverte aux initiatives qui permettent l’accomplissement de ses missions. Au final, le bénéficiaire principal restera le citoyen qui aura accès à de nouveaux services et n’aura pas à financer, en tant que contribuable, l’effort d’investissement.

L’Etat  stratège déciderait quant à lui des orientations à prendre et orchestrerait les moyens pour y parvenir. Ce dont il s’agit, c’est de créer le partenariat gagnant entre l’Etat/les collectivités locales, le potentiel numérique et les acteurs afin de maximiser le potentiel d’innovation et d’accompagner les politiques publiques, au premier rang desquelles la création d’emplois.

Une telle organisation dont la fluidité et l’efficacité sont intrinsèquement liées serait une vraie révolution et l’occasion pour la France de montrer que l’ « économie numérique » est  autant une indispensable voie de sortie de crise qu’un vecteur de cohésion sociale et d’émancipation personnelle. La France n’avait pas inventé la démocratie…mais c’est elle qui l’avait rendue universelle avec la Révolution française.

CRÉER DES SYNERGIES NUMERIQUES #MAINTENANT

Nous tendons donc la main à tous ceux qui veulent accompagner ce mouvement, partager et approfondir nos propositions et devenir les co-acteurs d’un changement et d’une ère de nouveaux modèles de développement. Nous proposons de porter ensemble, acteurs publics et privés, un Grenelle de l’ « énergie numérique » en regroupant les idées, talents, initiatives du monde digital, pour définir avec l’Etat, les collectivités locales et pourquoi pas européennes quels sont les axes et étapes prioritaires de ce développement.

Les tournants décisifs en France passent par la reconnaissance politique et symbolique : @llons-y ! Et comme le digital est par définition facteur de collaboration, les résultats de ce nouvel élan seront ceux de toutes les parties prenantes.

En sortant de l’illogique du fonctionnement en silos,  ce Grenelle des synergies numériques marquera le début d’une nouvelle approche des relations publiques-privées. Cette grande concertation serait alors la première étape d’un nouveau type de croissance : la croissance collaborative.

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